La vie plan-plan, tu l'as choisie ou tu la subis ?

La vie plan-plan, tu l'as choisie ou tu la subis ?

// En bref

Passe ton bac, prends un CDI, achète une maison. On nous a tous donné le même script. Sauf que beaucoup se retrouvent dans une vie pseudo-sécurisée qu'ils n'ont jamais vraiment choisie. Si tu t'y sens bien, tant mieux, sincèrement. Mais si tu étouffes, alors il va falloir apprendre à prendre des risques mesurés. Et n'attends pas 60 ans pour commencer.

Hello tout le monde, j'espère que vous allez bien. Petite réflexion que je me faisais aujourd'hui en rentrant du sport. Ça fait plusieurs fois que je me la fais, celle-là. Je pense aux risques qu'on prend dans la vie. Ou qu'on ne prend pas.

// Le script

On t'a donné un plan. Tu l'as suivi.

Pour moi, tu as deux solutions. Soit tu décides de faire une petite vie que je vais appeler plan-plan. Et attention, aucun jugement dans ce mot.

Tu fais ce que tes parents t'ont dit. Tu suis des études, parce qu'il faut faire des études. Tu prends un CDI, parce qu'il faut un CDI. Puis le schéma classique : tu rencontres quelqu'un, tu te mets en couple assez vite, tu fais peut-être des enfants, tu te maries.

Pour certains, ça fonctionne très bien, et franchement félicitations à eux. Pour d'autres, ça marche beaucoup moins bien.

Parce que c'est marrant : nos parents nous ont tous dit à peu près la même chose. Je suis de la génération 86, et je pense que tous ceux de ma génération seront d'accord. "Passe ton bac, on verra plus tard. Il faut que tu aies un CDI, c'est bien."

Ok. Mais dans quel but ? Parce qu'à la sortie, la majorité des gens qui ont fait ça se retrouvent dans un job qui ne leur plaît pas, avec des conditions qui ne leur plaisent pas.

// Le paradoxe

Le truc qu'ils ont oublié de te dire

Et à côté, tu t'es mis dans le mood classique : marié, une maison achetée, comme ils te l'avaient conseillé.

Sauf que ce qu'ils ont oublié de te dire, c'est qu'eux, entre-temps, ils ont divorcé. Parce que la vie qu'ils prônaient, finalement, elle ne leur convenait pas à eux non plus. Mais toi, ils te l'ont quand même mise dans la tête. Alors tu as reproduit exactement le schéma.

Et ce n'est pas une critique. Ils ne l'ont pas fait méchamment. Ils pensaient réellement que c'était comme ça que tu serais heureux. Il n'y a aucune mauvaise intention derrière.

Mais dans ma génération, rares sont les parents restés ensemble. Très très rares. Si je regarde autour de moi, il y en a quelques-uns, c'est vrai. Mais la majorité de mes potes ont des parents divorcés.

Ce qu'on t'a dit de faire n'a pas fonctionné pour eux. Il y a donc peu de chances que ça marche pour toi. Et pourtant, tu fonces dedans.

// Choisir de ne pas choisir

La vie pseudo-sécurisée

Encore une fois, il y a des gens que ça rend très heureux, et c'est super. Aucun jugement de ma part.

Mais ce que je constate avec du recul, c'est qu'une grande partie des gens ne sont pas en master kiff de cette vie-là. Parce qu'ils ne l'ont pas vraiment choisie. Ils la subissent. Ils ont choisi de ne pas choisir, et de faire ce qu'on leur avait dit.

Et pour ces gens-là, je trouve ça dommage. Tu te retrouves dans une vie pseudo-sécurisée. Pseudo, parce que financièrement tu auras de quoi vivre, un toit pour toi et tes enfants. Pas de souci là-dessus. Ce ne sera peut-être pas la panacée, mais si tu ne cours pas après l'argent, tu t'en fous. Même si parfois tu te dis "ah putain, je me ferais bien un kiff, là". Ouais. Mais je ne peux pas.

Surtout, tu es dans les rails d'une vie un peu monotone, où tu fais les mêmes choses tous les jours. Tu vas la vivre, tu vas certainement en profiter. Mais au fond de toi, tu sais que tu aurais pu faire autre chose.

// La sortie

Pour faire autre chose, il faut accepter le risque

Et pour faire cette autre chose, il faut être en capacité de prendre des risques. De sortir de sa zone de confort. Ce n'est pas évident. Pas évident du tout.

Mais quand tu y arrives, tu commences à te dire : ok, on m'a dit que la vie c'était ça. Mais ça, c'est leur vision à eux. Moi, c'est quoi ma vision ? C'était quoi mes rêves quand j'étais gamin ?

Mon rêve à moi, ça a toujours été de vivre à l'étranger. Tout petit, je voulais partir en Australie voir les kangourous. Bon, l'Australie je ne l'ai pas faite. Mais j'ai fait d'autres pays.

Et à un moment, je m'étais posé dans la vie classique : la maison, tout ça. Moi ce n'était pas le CDI, c'était l'entreprise, mais sincèrement c'était la même chose. Puis je me suis dit : ça n'a pas de sens. Ma vie, je n'ai pas envie de la vivre comme ça. J'ai envie de la vivre comme moi je l'ai décidé. Pas comme mes parents m'ont dit ou m'ont montré qu'elle devait être.

Et je ne leur en veux pas. Ils ont toujours fait le meilleur d'eux-mêmes pour mon petit frère et moi.

// Mes risques

"T'es un fou furieux"

Pour avoir la vie que j'ai aujourd'hui, et franchement elle me plaît, j'ai dû prendre des risques. Ça n'a pas été simple de monter une boîte, de la revendre, de me dire "ok, j'étais bien à côté de Montpellier, mais est-ce qu'il n'y a pas autre chose ailleurs ?". C'est comme ça qu'est venue l'idée de partir au Mexique.

Là, je sors du côté sécuritaire. Et les gens autour de moi se disent "mais t'es un fou furieux". Parce qu'à ce moment-là, tu renvoies l'image d'un mec hyper instable : il a tout ce qu'il veut, et il envoie tout péter pour aller ailleurs.

Mais non, les gars. Ce n'est pas de l'instabilité. C'est juste qu'à un moment, je décide de prendre des risques. Et attention : des risques mesurés. Je ne fais pas n'importe quoi non plus, je ne me suis pas engagé dans un cartel.

Je prends le risque de partir à l'étranger. De tenter des choses. De vendre une boîte. D'en créer une autre, de la revendre. D'acheter un appartement sur plan au Mexique. Et le risque que le chantier soit arrêté pendant 9 mois.

Ça, ce sont des prises de risque. Mais à un moment, la vie, il faut la vivre. Rester toute la journée dans un bureau, j'ai essayé. Ce n'est pas fait pour moi.

// Les plantages

Je me suis planté. Fort.

Le but de la vie, c'est quoi, si ce n'est de la vivre ? Tenter des choses, vivre des expériences, aller puiser au fond de soi pour trouver ce qui te fait vibrer. Et parfois tu te plantes.

Moi je me suis planté fort. Très très fort. Dans mes amours, comme dans l'entrepreneuriat. Avec Nicolas, mon ancien associé, on a fait des bêtises.

Mais ce n'est pas grave. On s'en est relevés, on n'est pas morts. Et c'est ok. On a tenté des trucs, ça n'a pas marché. Et j'ai tenté des trucs qui ont grave fonctionné.

C'est ça, le truc : quand tu prends des risques, tu as forcément un retour. Il peut être négatif, c'est vrai. Mais il peut aussi être hyper positif, et te permettre, à toi et à ta famille, de t'extirper du modèle classique. Celui où tu vas travailler tous les jours pour un job que tu n'aimes pas.

En vrai, tu peux faire ce que tu aimes, d'où tu veux, et peut-être même en gagnant plus d'argent. Ce n'est même pas "peut-être" : dans mon cas, c'est sûr que je gagne plus que si j'étais resté salarié.

Alors oui, parfois c'est dur. Parfois tu doutes, tu es un peu seul, et tu te dis "putain, j'ai peut-être fait le con d'avoir pris ce chemin". Ouais, ça arrive. Il ne faut pas se mentir.

// Le rétroviseur

Ce que ça donne à ma fille

Mais quand tu prends de la hauteur et que tu jettes un œil dans le rétroviseur, tu vois ce que tu as accompli. Et ce que tu peux faire vivre à ta famille.

Je pense à ma femme et à ma fille. Giulia, je peux la faire grandir à l'étranger, dans une école où se mélangent plusieurs cultures, où elle apprend l'anglais très jeune. Ça peut paraître bidon pour certains, et je le comprends. Mais pour moi c'était hyper important, parce que moi je ne sais pas parler anglais. Je n'ai pas pris le temps d'apprendre. Et dans le monde d'aujourd'hui et de demain, c'est un skill essentiel.

Et puis il y a autre chose. Moi, j'ai beaucoup déménagé quand j'étais gamin. Ce qu'on aurait pu qualifier d'instabilité, je l'ai transformé en chance : je suis un caméléon, je peux m'adapter à n'importe quel environnement.

Alors peut-être qu'un jour elle m'en voudra. Peut-être qu'elle me dira "papa, franchement t'as abusé, on a changé de pays tout le temps". Ok ma fille, tu as raison sur ce coup, mea culpa. Mais regarde de l'autre côté : regarde ton adaptabilité. Parce que dans le monde auquel on fait face, si tu n'es pas capable de t'adapter vite, de muter vite, tu es fichu. On est au tout début de l'IA, et elle va continuer d'avancer. Cette capacité d'adaptation sera décisive.

// Pour finir

N'attends pas

Tout ça pour dire que tu peux choisir de garder ta vie sécure, comme on te l'a proposé. Et c'est ok, il n'y a aucun problème.

En revanche, si tu ne t'y sens pas à l'aise, si tu penses que tu peux faire autre chose : n'attends pas. Fais-le tout de suite, un pas après l'autre. Ne mets pas ta famille en danger, avance prudemment, mais tente quelque chose. Parce que la vie, tu n'en as qu'une, et ça passe hyper vite.

Ce n'est pas à 60 ans que tu vas commencer. On peut faire plein de choses à tous les âges, mais si tu commences plus jeune, c'est quand même beaucoup plus simple.

C'était mon petit point de vue du jour. N'hésite pas à commenter si ça t'a plu, ou si tu veux en débattre avec moi, avec grand plaisir.

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Matthieu Theveniaud
L'auteur
Matthieu Theveniaud

Je bâtis des business dans la santé depuis 2016. Logiciels pour paramédicaux, cabinet de compta, assurances pour soignants, accompagnement à l'installation. 4 business montés, 2 revendus.

Aujourd'hui je montre aux soignants comment faire pareil : créer une activité à partir de ce qu'ils savent du terrain, pour que continuer à soigner devienne un choix.